Faisons connaissance
Au hasard j’ai marque deux places. Les personnes qui s’y assoient, ne sachant rien, le font par hasard. Je les invite d’abord à choisir, puis à ouvrir ces deux espèces de cadeaux de la façon qu’elles veulent (en déchirant le papier, en y faisant attention, plusieurs couches à la fois, etc.). Je leur demande en plus de s’arrêter de « creuser l’espace » quand elles le veulent, pas besoin d’arriver au bout. Après quelques instants de leur laisser faire, on observe ensemble les résultats.
C'est une allégorie de la façon qu’on se connaît. D’abord, on ne sait jamais avec qui on va se rencontrer [hasard des places]. Puis, en voyant « les options » que l’on a en face, chacun choisit selon son « goût », son affinité, ses expériences précédentes, etc., et on choisit la plupart du temps par les couches superficielles [couleurs, formes, textures des cadeaux] d’autrui, faute de plus d’informations.
Ensuite, prenant un peu de contact, on commence à enlever ses couches extérieures. Parfois on trouve des couches tellement différentes à l’intérieur que l’on oublie celle qu’on avait vu en premier [exemple du timide]. On constate aussi que chacun a sa propre et unique combinaison de couches.
Quelques uns ont des beaucoup de couches superficielles à traverser avant d’en trouver une qui soit « profonde », « réelle ». Chacun a aussi des couches plus ou moins faciles à retirer [une boite à ouvrir simplement ou du papier collé, difficile à retirer], chacun se confie plus ou moins facilement à autrui. Sauf que parfois on entreprend la mauvaise « technique » pour creuser l’espace psychique et sensible d’autrui, et peut-être sa couche difficile « s’ouvrira » plus facilement à un autre.
Après avoir vu un certain nombre de couches, on choisit de continuer à creuser ou de s’arrêter. On s’arrête quand on est arrivé à LA couche, celle qu’on aime bien, celle avec laquelle on se sent confortable soit parce qu’ « elle va bien » avec la couche qu’on est prêt à montrer, soit parce qu’on la trouve trop difficile à retirer, soit parce qu’on pense qu’à l’intérieur il n’y a rien d’autre à voir, on a déjà tout vu...
Si l’on creuse jusqu’à la fin, on trouve de l’argile. On se retrouve alors avec une essence et un certain nombre de couches qui la couvraient, un reflet des qualités et des défauts qu’il y a en chacun. Pour moi cette essence, l’essence humaine (je ne sais pas si c’est l’unique, mais elle en est une), est celle du changement (à différence des animaux, l’Homme est capable de se décider changer, plus ou moins facilement).
L’argile est une matière changeante. Elle peut changer facilement de forme quand elle est humide [jeune]. Peu à peu, elle sèche. Plus elle est sèche, plus elle est difficile de changer. Quand elle est complètement sèche, elle ne peut changer que dans deux cas. Si on la mouille le changement va être à petits pas, en massant, ou dans un grand bain d'eau. Si elle reçoit un grand coup, elle se casse, éclate et redevient de la poussière, elle peut être « reconstruite » et pas nécessairement avec la même forme. Toujours grâce à l'eau.
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